Henry DELMAR
henry-delmar.com

Philosophie de la beauté

« ma vie est totalement transformée » (Christine, 42 ans), « j’ai retrouve la joie de vivre » (Karine, 36 ans), « je suis devenue une femme heureuse » (Graziella, 20 ans), « à présent, je peux revivre pleinement » (Véronique, 60 ans), « j’ai appris à revivre, je suis métamorphosée » (Patricia, 22 ans), « c’est une renaissance intégrale » (Nicole, 48 ans), « je revis, je me sens renaître » (Chantal, 37 ans), « j’ai retrouve la sérénité » (Colette, 70 ans), « je suis maintenant comblée de bonheur » (Maryse, 53 ans), « une nouvelle vie commence » (Alexia, 52 ans)…

Qu’est-il donc arrivé à toutes ces femmes ?
En fait, chacune vient de vivre une expérience précieuse : une rencontre avec sa propre beauté, une révélation de sa propre grâce. Toutes ont traversé la même épreuve : une transformation intérieure qui a profondément changé leur vie, comme une seconde naissance.

Elles viennent toutes de subir une opération de chirurgie esthétique. Ces femmes sortent d’une opération particulièrement réussie. Et la réussite dont elles témoignent n’est pas que le résultat d’une prouesse technique et l’expression d’une réussite esthétique. elle est avant tout l’aboutissement d’une aventure humaine et existentielle. Toutes sont extraordinairement heureuses parce que leur transformation physique a été le catalyseur d’un accomplissement identitaire auquel elles ne s’attendaient pas.

La chirurgie esthétique ne serait-elle pas aussi futile qu’on veut bien le croire ? Aurait-elle des vertus réparatrices autres que purement esthétique. On comprend, dès lors que nos réflexions sont centrées sur le sens de la démarche de nos patients(es), que l’accomplissement plein et serein de notre métier est le début de la démarche éthique. Cette démarche éthique prend sa source dans le fait que la chirurgie esthétique agit sur l’estime de soi.

L’estime de soi est un concept qui occupe une place importante dans notre culture occidentale. Il vient du grec « aestimare » qui a une double signification : « déterminer la valeur de » et « avoir une opinion de ». Notre propre évaluation, ce regard sur nous-même, est vitale à notre équilibre psychologique.

Les trois piliers qui composent l’estime de soi, comme le décrit Christophe André, sont l’amour de soi, la confiance en soi et la vision de  soi.
L’amour de soi dépend de la nourriture affective chère à Boris Cyrulnik, leur carence entraîne des « troubles de la personnalité ».
La confiance en soi provient de l’éducation, des échecs et des réussites de nos différentes expériences.
La vision de soi, regard que l’on porte sur soi, dépend de la pression donnée par nos parents, le sacré « enfant chargé de mission ».

l’apparence est, en permanence, confrontée à la réalité et elle est immédiate parfaitement décrite par Jean Amadieu. Elle est le premier objet de la relation à l’autre. Il est indéniable qu’il y existe une prime à la beauté, en témoigne les différentes études sociologiques sur le phénomène, et ce dès le plus jeune age : à l’école, dans le travail, dans la relation amoureuse… La perception de notre apparence présente des fluctuations plus ou moins importantes en fonction de notre situation sociale, notre humeur, de nos relations affectives. Elle se traduit de la façon suivante : la façon dont je me voie est différente de la façon dont je suis et encore différente de la façon dont je voudrais être. C’est souvent autour de cette triade qu’intervient la consultation de chirurgien esthétique. Notre rôle lors de cette consultation est de percevoir ces trois images et de les confronter à la réalité, d’expliquer pourquoi et comment notre perception de soi est transformée par le prisme de notre histoire et de valider l’adéquation entre l’image modifiée et celle que l’on voudrait être. C’est en ces termes que mon métier, la chirurgie plastique et esthétique, agit avec puissance sur l’estime de soi.

Comment évaluer ces différentes apparences de soi lors d’une consultation de chirurgie esthétique ?
Pour y répondre, il faut définir préalablement la relation médecin-patient. Au classique « écouter son patient », je suggère la maïeutique. La maïeutique était pratiquée par Socrate, fils de sage-femme, qui accouchait ses contemporains de leurs idées. Appliquée lors d’une consultation chirurgie esthétique, elle permet au chirurgien, en dehors de son expertise esthétique et technique, d’évaluer l’estime de soi, l’image de soi, les apparences, l’humeur, les douleurs et les joies, les relations affectives, la vie socioprofessionnelle…

Pour pratiquer de la maïeutique, il faut consacrer le temps nécessaire à l’accouchement de l’histoire de nos patients. Ces deux piliers sont l’empathie et la compassion. La tonalité de la consultation se dessine alors, pour atteindre à la toute puissance de la relation médecin-patient : le transfert. Ce transfert, bien connu des psychiatres, est une relation intense qui donne pouvoir au médecin, pouvoir de guider nos patients(es) avec éthique.

On comprend que cette impression de futilité qui entoure la chirurgie esthétique, n’a plus de sens, dès lors que nous répondons de manière éthique à la demande de nos patients. Notre mission va au-delà de l’amélioration de l’image : elle a pour ambition de renforcer l’estime de soi et donc de faire sens dans l’histoire de nos patients.

Docteur Henry DELMAR

Vidéo : La relation Médecin / Patient

Pour visionner cette vidéo, vous devez avoir installé le lecteur Flash.