Le vieillissement de la peau
La peau est un organe complexe spécialisé, entre autres fonctions, dans la protection de notre corps.
La peau, essentielle à notre survie, a une surface de 1,5 à 2 m2, d’une épaisseur de 1,5 à 4 mm en fonction de la partie du corps et un poids de 4 kg.
Elle est constituée demi-million demi million de cellules en constante rénovation. Cette capacité rénovatrice diminue avec le vieillissement.
L’épaisseur de la peau est formée de deux couches étroitement liées : l’épiderme et le derme séparés par une membrane basale. Le derme est composé de tissu conjonctif et constitue la seule couche vascularisée. La plupart des follicules pileux, des glandes sébacées et sudoripares sont situées dans cette couche.
Les nutriments utiles à la bonne vitalité de l’épiderme l’atteignent en se diffusant au travers de la membrane basale depuis les vaisseaux sanguins du derme (fig. 1).
La matrice du derme est constituée de collagène, d’élastine, de fibres élastiques et de glycosaminoglycanes (essentiellement acide hyaluronique).
Le collagène et l’acide hyaluronique permettent de maintenir l’hydratation de la peau.
Les faisceaux de collagène sont répartis en plans parallèles à la surface. Les fibres élastiques sont à l’origine de l’élasticité de la peau. Ces fonctions perdent leur compétence avec le temps.
Le tissu sous-cutané ou hypoderme est composé de tissu conjonctif et de tissu graisseux. L’hypoderme n’est pas considéré comme une partie de la peau mais il partage toutefois certaines de ses fonctions.
LES FONCTIONS DE LA PEAU
La peau n’est pas qu’une vulgaire barrière entre le soi et non soi, mais un organe complexe aux multiples fonctions
FONCTION DE PROTECTION
La peau dresse trois types de barrières :
Barrière chimique :
Son pH acide dont elle est le siège, ainsi que les substances bactéricides contenues dans les sécrétions sébacées freinent le développement des bactéries et les éliminent totalement.
La mélanine protège contre les dommages causés par les rayons UV du soleil.
Barrière mécanique :
La continuité de la peau avec sa couche de kératine nous protège des invasions microbiennes et nous évite les pertes d’eau et, par conséquent, la déshydratation.
Barrière biologique :
Elle est le siège d’une grande activité immunitaire qui réagit instantanément à la présence de substance étrangère (antigènes).
MÉCANISME D’AUTORÉPARATION
Dès la détection d’un problème, la peau met en place des processus de réparation des désordres. Ainsi, quand les cellules de la peau sont exposées au soleil ou à la pollution, par exemple, des dommages ont lieu au niveau de la membrane cellulaire, dont certains lipides sont oxydés. Pour maintenir l’intégrité de cette enveloppe et donc de la cellule, ils sont éliminés par une enzyme, la phospholipase, qui les largue dans le milieu extracellulaire. Cette libération sert de signal déclencheur pour activer les mécanismes de défense : augmentation de flux sanguin, activation des cellules immunitaires qui sortent des vaisseaux sanguins pour se frayer un chemin dans la peau. C’est la réponse inflammatoire.
REGULATION DE LA TEMPÉRATURE CORPORELLE
La contraction-dilatation des vaisseaux sanguins de la peau et l’activité des glandes sudoripares sont capables de maintenir la température corporelle dans les limites supportables.
SENSIBILITÉ CUTANÉE
Les récepteurs cutanés répondent aux stimuli extérieurs et créent une véritable orchestration sensitive : vibrations, toucher, température, pression… Tout stimulus est détecté comme douloureux dès que l’intensité est élevée.
SYNTHESE DE LA VITAMINE D
La peau fabrique la vitamine D sous l’action des UV (en faibles doses). La vitamine D favorise l’absorption du calcium par l’intestin et cette synthèse représente quasiment la seule source de vitamine D dans l’organisme.
RESERVOIR DE SANG
Les capillaires dermiques sont capables de capturer jusqu’à 5% de volume sanguin total.
VIEILLISSEMENT ET IMPLICATIONS ESTHÉTIQUES
La peau s’oxyde et s’enflamme en vieillissant. La peau subit des microtraumatismes invisibles qui se soldent par des microlésions coupables à la longue des marques de l’age.
Ces microtraumatismes sont influencés par des facteurs intrinsèques et extrinsèques, causes profondes et parfois maîtrisable de la vitesse de vieillissement de la peau.
Le phénomène d’oxydation signe l’incapacité de celle-ci à réparer les microdommages, alors que l’inflammation est un mécanisme de défense qui signe le degré d’atteinte de la peau.
FACTEURS INTRINSEQUES
Véritable horloge biologique, les facteurs intrinsèques ne répondent pas uniquement à la génétique, mais aussi au sexe, au climat hormonal...
Quels types d’altérations induisent-ils au niveau de la peau ? On assiste à une diminution de la croissance des cellules du derme et de l’épiderme et une diminution de la production d’acide hyaluronique, cause de la sècheresse de la peau, du collagène et des fibres élastiques, responsable de son élasticité.
Il existe une relation entre la perte de l’acide hyaluronique et l’âge, phénomène accéléré par l’exposition aux rayons UV.
Les études histologiques confirment que l’épiderme subit une grande perte de densité (base des rides), une l’altération de la régénération de l’épiderme et de sa capacité à retenir l’eau, entraînant à son tour la déshydratation de la peau.
La réduction des fibres de collagène est notable au niveau des rides.
Les éléments climatiques (variations de température, rayons UV, vent), la pollution, les produits abrasifs sont les facteurs les plus fréquemment impliqués dans l’accélération de la vitesse de vieillissement.
Les UV aggravent l’oxydation des cellules qui, à long terme, sont des facteurs déterminants dans l’apparition d’effets nocifs pour la peau.
Le photovieillissement provoque des altérations importantes des composants cellulaires ainsi que des pertes sévères de collagène et l’apparition des radicaux libres qui épuisent et endommagent les mécanismes de défense de la peau.
L’acide hyaluronique, impliqué dans le contrôle de la croissance cellulaire et dans la cicatrisation, est en chute libre, ce qui contribue au déséquilibre hydrosalin de la peau. C’est en partie ainsi que la peau se déshydrate, se ride, perd de sa tonicité et de son élasticité.
Comment une si belle machine peut-elle se laisser dépasser ? par une trop grande activation des cellules immunitaires.
Leur trop grande sollicitation entraîne deux effets pervers : l’oxydation par les radicaux libres et la dénaturation de la matrice du derme.
De plus, ces cellules de défenses génèrent aussi des enzymes, la collagénase, l’élastase, la hyaluronidase, qui endommagent les fibres dermiques comme le ver à bois.
Les dégâts invisibles générés lors cette réponse inflammatoire deviennent un jour visible et signe l’installation du vieillissement. Toute altération, même minime, est responsable de telles réactions inflammatoires. Quand on est exposé au soleil, même dans un environnement normal, en ville par exemple, ces réactions ont lieu non-stop, en bruit de fond. C’est la raison pour laquelle nous ne cesserons de conseiller, de façon insistance, l’application d’écran solaire.
Les peelings superficiels, à l’acide glycolique par exemple, et la microdermabrasion, malgré l’effet bonne mine sur le moment, fragilisent la peau à longs termes. Alors que dire des peelings plus agressifs qui sensibilisent la peau. La aussi, c’est affaire d’indication.
N’oublions pas le stress psychologique, qui, en rendant la peau plus perméable aux attaques bactériologiques, est lui aussi pourvoyeur de ces réactions inflammatoires.
Lorsqu’on est jeune, une production accélérée de collagène et d’élastine compense les dégradations produites, mais plus on vieillit, plus les réactions inflammatoires sont importantes, parce que la peau est plus fine, que les molécules irritantes pénètrent plus vites.
Ainsi, la peau s’affine par la diminution de la matrice dermique, par la diminution de la population cellulaire, par la déshydratation. La peau est le siège de signes visibles : au niveau de la texture, de l’éclat, des rides et ridules, des taches pigmentaires, taches vasculaires (couperose…)
Alors que faire ? Plusieurs parades sont possibles grâce aux progrès de la nutrition, de la cosmétique et de la médecine que nous développerons dans le prochain chapitre
